De nombreuses figures féminines ont été découvertes sur le site néolithique de Çatalhöyük. À l’origine, elles ont été interprétées comme une dérivation locale des déesses mères du Paléolithique.

LA COUPE DANS L’HISTOIRE DE L’ART : Femme debout

En 2016, une équipe de l’université a trouvé ce chiffre qui a favorisé une nouvelle lecture. D’une part, sa physionomie n’évoque pas celle d’une femme enceinte, mais le corps d’une vieille femme aux seins et au ventre affaissés. D’autre part, elle a été découverte dans une fosse funéraire à l’intérieur d’une maison – comme c’était typique de cette société particulière -, ce qui est directement lié à leur reconnaissance rituelle de leurs ancêtres.

Ces deux questions ont conduit à l’interprétation de ces figures comme des représentations stéréotypées des vieilles femmes de la communauté. Ainsi, à travers l’art, la reconnaissance sociale de la sagesse et de l’expérience des femmes âgées est matérialisée, reliant ces figures féminines aux rituels effectués à Çatalhöyük envers les ancêtres. Ainsi, dans ce cas, le nu féminin -en particulier les seins qu’elle indique avec ses mains- participe à ce discours d’éloge des vieilles femmes et exprime l’importance de leur sagesse et de leur expérience pour la prospérité de toute la communauté, notamment en ce qui concerne les cultures dont dépendait la société néolithique.

Le sein féminin a été le protagoniste de nombreuses œuvres tout au long de l’histoire de l’art. Peu à peu, une collaboratrice, docteur en histoire de l’art, en révélera les multiples significations à travers l’histoire.

LA COUPE DANS L’HISTOIRE DE L’ART :

Sainte Agathe de Catane, Francisco de Zurbarán (1630-1633)
Le 27 août 2019, Sainte Agathe de Catane (1630-1633), Francisco de Zurbarán. Musée Fabre, Montpellier.
Jacopo della Voragine (1228-1298) nous raconte l’histoire de Sainte Agathe (235-261). C’était une jeune femme de Catane, issue d’une famille illustre, connue pour être “extrêmement belle et séduisante” et pour son éloquence.
Le consul romain Quintilien, séduit par son apparence et sa richesse, voulait en faire sa femme pour satisfaire sa convoitise et accroître son pouvoir, puisqu’il était roturier et deviendrait ainsi noble. Devant le refus d’Agueda et son intention réitérée de rester chrétienne, le consul la fait martyriser. Ainsi, “Quintilien ordonna alors à ses sbires de lacérer la jeune femme sur l’un de ses seins, puis, pour augmenter et prolonger ses souffrances, de l’arracher lentement”. Pendant qu’Agueda subissait le supplice, elle s’écria au consul : ” N’avez-vous pas honte de priver une femme d’un organe comme celui que vous avez sucé, enfant, sur les genoux de votre mère ? Arrachez non pas l’un, mais les deux, si vous voulez ; mais sachez que, même si vous me privez de ceux-ci, vous ne pouvez pas arracher ceux que je porte dans mon âme consacrée à Dieu depuis mon enfance et dont je nourris mes sens. C’est un peu comme cherchez sur internet des photos d’augmentation mammaire avant après ! La jeune femme a donc été torturée et ramenée en prison avec l’ordre exprès de ne pas être soignée par un médecin.

Une triste fin

La façon dont s’est terminée l’histoire de cette jeune Sicilienne est dramatique, et nous évoquerons un autre tableau. Dans ce cas, Zurbarán montre la sainte à contre-jour, sous la forme d’une jeune fille tenant un plateau avec ses seins bien coupés. Il s’agit d’une image symbolique traditionnelle qui, au lieu de montrer la scène narrative du tourment, présente la sainte dans son intégralité comme un exemple de sérénité et de piété. Le drame se concentre donc sur son attribut symbolique : le plateau avec les seins.

Ce travail s’inscrit dans le cadre de l’utilisation des images par le catholicisme après le Concile de Trente. À travers eux, il a cherché à donner du pouvoir aux martyrs et à montrer l’hypothèse de la douleur comme vecteur de rédemption.

Il est intéressant de mettre en relation la punition infligée à Sainte Agathe avec l’idée qu’elle était connue pour sa beauté et la façon dont elle souligne ensuite que les seins sont à l’origine de la nourriture primordiale. Il est significatif qu’elle ait été privée de ses seins précisément en raison de son refus de se marier. Ainsi, avec cette torture, on comprend que la jeune femme est privée de l’un des sièges de la beauté féminine et de son principal objectif en tant qu’épouse, être une mère. Les concepts de beauté et de maternité restent dans ce cas liés au sein féminin. Cependant, il est particulièrement intéressant de voir comment elle fait allusion à ses seins non physiques, ceux qu’on ne peut lui enlever, et les présente comme une métaphore de son âme.

Une héroïne féminine

Sainte Agathe, pour cette condamnation, est la sainte patronne des nourrices, protectrice de l’allaitement.

Le sein féminin a été le protagoniste de nombreuses œuvres tout au long de l’histoire de l’art. Peu à peu, la collaboratrice titulaire d’un doctorat en histoire de l’art, dévoilera ses multiples significations à travers l’histoire.

 

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